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dimanche 28 juin 2015

Histoire d'une lignée de Dagenais - 1ère partie



Cahiers d'histoire du Sault-au-Récollet

Par André Dionne, B.A.

D'où vient le nom de famille Dagenais ? Selon Narcisse-Eutrope Dionne, il s'inspire de la ville d'Agen dans le département de Lot-et-Garonne, au sud-est de Bordeaux, ou de l'Agenais dans le comté de Guyenne. 

Il dériverait du verbe agener : gêner, incommoder. Gérard Lebel avance une autre hypothèse : le patronyme Dagenais ferait allusion au cavalier d'un cheval de petite taille originaire d'Espagne, ou au genêt, un arbrisseau à fleurs jaunes poussant dans les terrains vagues.

L'ancêtre signait Dagenez ; notaires et recenseurs écrivaient Dagenest. Au fil des ans, le patronyme prend plusieurs formes : Dagenai, D'AgenaisDagenay, Dagenè, Dagenes, Dagenets, Dagenet, ou Dagenez. Le surnoml Lépine, porté parfois par notre pionnier, rappellerait les aiguilles dont se servaient les tailleurs. 



Plusieurs Dagenais s'illustrèrent au Canada : signalons Pierre (géographe), Gérard (linguiste) et André (philosophe).
Pierre Dagenais père (1634 - 1689)

Lors de son mariage en 1665, Pierre Dagenais se dit originaire de la paroisse Saint-sauveur de La Rochelle. Aujourd'hui peuplé de 82 000 âmes, ce port de pêche sur l'Allantique, en face de l'île de Ré, se trouve à 290 milles au sud-ouest de Paris, par l'autoroute A-10 et la route N-11.

Les immenses tours Saint-Nicolas et de la Chaîne, érigées au XIVe siècle, protègent son port de forme circulaire, souvent ensablé. Une lourde chaîne de fer tendue entre les deux en contrôlait l'accès. Les tours de la Lanterne (ou des Quatre Sergents) et de la Grosse Horloge se trouvent plus loin.

Chef-lieu du départemenr de la Charente-Maritime et jadis capitale de l'ancienne province d'Aunis, l'endroit devient un haut-lieu des guerres de religion. Le calvinisme y prospéra. En 1628, le cardinal de Richelieu, figure de proue de la Contre-Réforme, put forcer les remparts érigés par les huguenots (protestants).

À la fin du XVIIe siècle, La Rochelle constitue un important port d'embarquement pour la Nouvelle-France et l'Acadie. De cet endroit se firent de nombreux armements et engagements pour le Nouveau Monde. 

Il exporte vers les Antilles vins, céréales, eaux-de-vie, sel et autres marchandises ; il importe des fourrures canadiennes. Grâce aux précieux travaux du franciscain Archange Godbout dans l'état civil et les minutiers des notaires rochelais, nous en connaissons davantage sur les promoteurs du peuplement de la colonie naissante : Antoine Cheffault de la Renardière, Pierre Le Gardeur de Repentigny et Noël Juchereau.

Plusieurs marchands s'enrôlent dans la Compagnie de la Nouvelle-France ; citons Olivier Le Tardil, François Perron, Jean Bourdon et Pierre Dagenais. Des illustrations d'époque nous montrent le port et le genre de bateaux sur Iesquels voyagèrent nos ancêtres.

Outre la cathédrale dédiée à saint-Louis, la ville compte plusieurs églises : Saint-Jean-hors-les Murs, Sainte-Marguerite, Notre-Dame-de-Cogne, Saint-Barthélemi et Saint-Sauveur. La collaboration de l'Institut francophone de généalogie et d'histoire permit de retracer l'acte de baptême de Pierre Dagenais, un document absolument inédit au Canada. 
Acte de baptême de Pierre Dagenais - 17 septembre 1634
Le 17 septembre 1634, Monsieur Robert, curé de Sainte-Marguerite, baptise le fils de Renaud (la prononciation déformée en fera un Arnaud) Dagenais et d'Andrée Poulet en présence du parrain Pierre Couvaige (ou Convaige), sieur de la Tour, sergent royal, et de la maraine Françoise Rabie.

Pierre Dagenais vécut son enfance sur le territoire de la paroisse Saint-Sauveur, établie sur le quai Maubec, longeant le canal de Marans. Son clocher date du XVe siècle. Une crypre sous l'église de style gothique servait jadis aux assemblées clandestines des Réformés, avant l'édit de Nantes sur la liberté de culte et après sa révocation.

Vers 1661, Pierre Dagenais, marchand rochelais, décide de tenter sa chance dans un continent neuf et plein de promesses, loin de la vieille Europe en proie à des guerres et des famines périodiques. Seul Dagenais à immigrer en Nouvelle-France, et il signait Dagenez. 

Venant comme volontaire, car son nom n'apparaît pas dans les listes d'engagés (pour 36 mois habituellement) partant de La Rochelle, il devait posséder assez d'argent pour payer son droit de passage et arriver au Canada sans l'aide d'un passeur ou agent d'engagement (comme Robert Giffard, de Mortagne-au-Perche).

À cette époque, les habitants de Ville-Marie, sous la menace constante des Iroquois, s'unissent par escouade de sept personnes chacune sous la direction d'un caporal, mise au nombre de la garnison.

Pierre Dagenais dit Lépine déclarera aux recenseurs de 1667 qu'il faisait partie de la Xe escouade (appelée milice de la Sainte-Famille), fondée par le gouverneur et fondateur de Montréal, Paul Chomedey de Maisonneuve.

La première mention du nom de Pierre Dagenais dans un acte notarié remonte au 29 octobre 1663 dans le minutier de Bénigne Basset. Pierre Dagenais, de l'île de Montréal, baille pour un an à Olivier Charbonneau, du même lieu (et plus tard le premier habitant de l'île Jésus), les deux arpents défrichés depuis deux ans sur une concession louée de Laurent Archambault. Il recevra en guise de paiement 12 minots de blé froment, à la Saint-Michel 1664. 

Le paraphe de Pierre Dagenais apparaît au bas de l'acte. Selon Gérard Lebel, ce document prouve trois choses : l'arrivée de Pierre avant l'automne 1661 ; son premier métier, cultivateur ; et son établissement temporaire dans la campagne entourant Ville-Marie sur le côteau Saint-Louis (aujourd'hui entre les rues Parthenais et Delorimier), entre ses voisins Urbain Jetté et Marie Pournin, veuve de Jacques Testard dit Laforest

Ne terminant pas lui-même la dernière année de son bail, Pierre construit une maison sur une part de terre concédée verbalement par Gabriel Souart, supérieur des Sulpiciens. Recouverte de planches avec chambre basse, grenier et cheminée, elle voisine celles de Mchel Moreau et de Claude Desjardins dit Charbonnier.

Le 2 août 1664, trois marchands rochelais se retrouvent dans l'étude du notaire Pierre Duquet à Québec : Alexandre Petit et François Roy, de passage à Québec et Pierre Dagenais. 

Ce dernier présente un document signé par le notaire Langlois, de La Rochelle, prouvant que son frère Simon Dagenais, marchand de ladite ville lui doit 126 livres. Cet argent se trouve entre les mains de Simon Baston, un autre marchand rochelais. 

Alexandre Petit remet ladite somme à Pierre Dagenais ; il la réclamera dès son arrivée en France. Avant de remonter à Montréal, Pierre Dagenais achète des marchandises et s'endette de 266 livres envers Petit. 

Le 4 août 1664, il signe une obligation envers ce dernier ; il promet devant notaire d'en payer 100 au premier basrtment qui descendra de Montréal à Québec et le solde par le premier navire du printemps 1665.

Après un séjour à Québec, Pierre vient s'établir à Montréal. Voulant peupler rapidement un territoire vierge, les autorités coloniales encourageaient fortement les jeunes gens à se marier. La Divine Providence permet à Pierre de trouver la perle rare, une demoiselle avec laquelle il pourrait fonder un foyer.

En 1665, deux bateaux amènent à Québec des filles du Roi, orphelines pauvres mais instruites et protégées par Louis XIII, et non des personnes de mauvaise vie, comme le veut une légende tenace : le navire du capitaine François Filly, le Saint-Jean-Baptiste-de-Dieppe (18 juin) et un autre le 2 octobre.

Anne Brandon (dont le nom signifie flambeau de paille ou tison enflammé qui s'élève d'un incendie) débarque du premier. 

Âgée d'environ 24 ans, elle se dit la fille de Daniel Brandon et Jeanne Proligne, native de Saint-Laurent de Sedan, chef-lieu du département des Ardennes. Cette ville, au fond de la vallée boisée de la Meuse rappelle deux défaites des armées françaises, en 1870 et 1940.

Anne se rend à Montréal dans une modeste embarcation ; elle devient la protégée de Jeanne Mance ou de Marguerite Bourgeois.

Après les fréquentations d'usage, Pierre Dagenais (31 ans) obtient sa main. Le 17 novembre 1665, le sulpicien Gabriel Souart, curé de Notre-Dame de Montréal accorde sa bénédiction nuptiale aux deux tourtereaux en présence du tailleur Nicolas Hubert, Gilbert Barbier (ancien marguillier), Pierre Jarry et plusieurs témoins rassemblés pour la circonstance.
Mariage de Pierre Dagenais et Anne Brandon - Crédit image : Migration.fr
De leurs six enfans (deux garçons et quatre filles), aucun ne contracta mariage du vivant de ses parents.

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1. Michel - L'aîné de Ia famille reçoit le sacrement du baptême le 29 septembre 1666 à Montréal (parrain : Isaac ... ; marraine : Barbe Barbier). Inhumé à la Rivière-des-Prairies le 17 octobre 1697.
2. Françoise Née le 3 mars 1668 à Montréal (panain : Gabriel Barbier, maître charpentier; marraine : Françoise Janot dite Lachapelle), elle devient à l'île Jésus, vers 1688, l'épouse de Pierre Roy, originaire de l'évêché de Poitiers, né vers 1661 de parents inconnus.
Pris par les Iroquois, ce dernier meurt à la fin de juillet 1692. Devenue veuve, Françoise engendre une fille naturelle avec Léonard Lalande, puis se remarie à Montréal le 22 avril 1699 avec Pierre Chonard dit La Giroflée, fils de Nicolas et Anne Berruère né à Tours vers 1663, lequel épousera subséquemment Madeleine Faye à Pointe-aux-Trembles en 1708.

3. Cécile - Voyant le jour le 12 avril 1670 (parrain : Jean Desbroyeux ; marraine : Cécile Janot), elle met au monde Marie-Charlotte, née en 1696 de père inconnu. Le, 19 juin 1698 à Montréal, elle épouse officiellement Claude Dumay dit Lafeuillade, fils de Jean et Andrée Guyonne, né vers 1664 à Fresnes, évêché de Chartres. Claude meurt à la Rivière-des-Prairies le 12 décembre 1719 ; Cécile le 13 octobre 1745 à la Pointe-aux-Trembles.

4. Pierre* - La vie du seul garçon à transmettre le patronyme Dagenais se trouve relatée plus loin.

5. Elisabeth - Venue au monde le 26 mai 1675. Raphaël Descent lui fait un enfant naturel en 1695. Elle se laisse conduire au pied de l'autel de Repentigny

le 15 novembre 1698, par Jean Auger dit Lafleur, fils de Jean et Marie Giran, originaires de Libourne en Guyenne. Nous ignorons la date de son décès.

6. Cunégonde - Baptisée le 28 août 1679 à la Pointe-aux-Trembles (parrain : Jean Barousset ; marraine : Cunégonde Masta), elle y meurt le 3 septembre suivant.


Source : Société pour la conservation du Sault-au-Récollet  - Cahier no 1, automne 1990, pages 11 à 28
Location : Saint-Hyacinthe, QC, Canada

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