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Chapelle Hôtel-Dieu (Immaculée-Conception) de Montréal

Pierre Dagenais fréquenta Anne Brandon, l'aima et la conduisit au pied de l'autel de la chapelle de l'Hôtel-Dieu à Montréal pour la bénédiction nuptiale, mardi le 17 novembre 1665.

Chapelle Ste-Marguerite (Salle de l'Oratoire) - La Rochelle, France

C'est à cette chapelle que mon ancêtre Pierre Dagenais dit Lépine a été baptisé. C'était le dimanche 17 septembre 1634, à St-Sauveur de La Rochelle (Charente-Maritime), France.

Maison de François Dagenais fils (1774)

En 1774, le cultivateur François Dagenais fils reçoit de ses parents, François Dagenais et Marguerite Turcot, la terre agricole familiale, une maison en bois et d’autres bâtiments. Elle est située au 5555, rue Jarry Est, St-Léonard, Montréal.

Anne Marguerite Brandon, une Fille du Roy (1634-1689)

Anne Marguerite Brandon, une jeune femme âgée de 31 ans et fille du Roy, est débarquée à Québec pour la première fois le 18 juin 1665 avec 30 engagés, 90 autres jeunes femmes et filles du Roy.

Mes ancêtres sont morts aux mains des Iroquois

C'est lors du raid mené par les Iroquois à Rivière-des-Prairies, le 9 août 1689 que Pierre Dagenais et Anne Brandon furent massacrés et torturés.

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lundi 29 juin 2015

Histoire d'une lignée de Dagenais - 3e partie


Pierre Dagenais fils vient au monde le 21 octobre 1672, le quatrième enfant (et le seul garçon à assurer la transmission du patronyme) de Pierre Dagenais et d'Anne Brandon. 

Le sulpicien Gilles Pérot lui confère illico le sacrement du baptême à la chapelle Notre-Dame, assisté dans cette noble tâche par le parrain Pierre Devanchy (maîre menuisier) et la marraine Mathurine Juillet, épouse d'Urbain Baudreau.

Chapelle Notre-Dame (Immaculée-Conception) de Montréal
Le 30 avril 1695, il officialise son union avec Marie Drouet dite Grandmaison, âgée d'à peine 14 ans, fille de Mathurin et Marie-Louise Bardou, mariés à Québec le 30 septembre 1669, et originaires de Tuzie, en Charente. 

La jeune épouse recevait le baptême le 21 avril 1681 dans le joli patelin de Contrecoeur, sur les bords du fleuve Saint-Laurent en présence du parrain Godefroy Bernard et de la marraine Marie Lebert, femme de Charles Robert.

Le curé L. Archambault, de la paroisse de l'Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles, accorde aux jeunes gens sa bénédiction nuptiale en présence de plusieurs témoins rassemblés pour la circonstance. Malheureusement, les jeunes époux ne signèrent pas, selon toute vraisemblance le contrat de mariage. 

Prolifiques comme beaucoup de nos ancêtres, ils donnèrent la vie à dix enfants, six garçons et quatre filles, baptisés sauf exceptions dans la paroisse Notre-Dame de Montréal. Certains lui attribuent erronément la paternité de Marie-Charlotte, baptisée le 19 ocrobre 1696, en fait la fille naturelle de sa soeur Cécile.
1. Joseph-Michel : Né à Pointe-aux-Trembles le 1er juillet 1695 (parrain : Michel Lauzon ; marraine : Anne Bazinet), à peine deux mois après le mariage de ses parents. Il fondera une famille avec Anne Lemay dite Delorme (environ 18 ans), fille de Joseph et Agnès-Madeleine Gaudry, le 3 janvier 1718, en la paroisse Notre-Dame de Montréal. Devenu veuf, il se consolera dans les bras de Catherine Brunet dite Belhumeur, fille de François et Anne Thibault, âgée de 27 ans (Sault-au-Récollet, 12 septembre 1757).
2. Marie-Madeleine Portée sur les fonds baptismaux de la Pointe-aux-Trembles par son parrain Pierre Coitou et sa marraine Marie-Madeleine Archambault, le ler juin 1698, elle contracte deux unions matrimoniales : la première avec Jacques David, fils de Jacques et Catherine Lussier (Montréal, 22 juin 1716),la seconde avec Pierre Martineau, fils de Jacques et Antoinette Dumontier, devenu veuf de Marguerite Hot (11 mai 1733). Inhumée le 2 mai 1176.
3. Louise : Venue au monde le 10 juillet 1699 (parrain : Séraphin Lauzon ; marraine : Louise Lauzon), elle rend l'âme le 24 août suivant.
4. Marie-Elisabeth Voyant le jourle 11 février 1701 (parrain : Pierre Andegrave dit Champagne ; marraine : Elisabeth Chevalier), elle meurt le 15 novembre de la même année.
5. PierreBaptisé le 25 novembre 1702 (parrain : Pierre Richard ; marraine : Marie Handgrave), il choisit pour épouse Marie-Josèphe David, frère du premier mari de sa soeur Marie-Madeleine Boucherville, 4 mai 1722). Il s'éteint le 5 octobre 1759, au Sault-au-Récollet.
6. Marie-Josephe Ointe le 11 septembre 1704 (parrain : Joseph Sénécal ; marraine : Marie-Anne Fauchet), elle se laisse conduire au pied de l'autel par Jacques Forestier dit Lafortune, fils d'Étienne et de Marguerite Lauzon (Saint-Laurent, 21 février 1735). Elle rend son dernier soupir le 14 mai 1736.
7. François : Né le 6 septembre 1706 (parrain : Louis Grignon ; marraine : Madeleine Lemay) et inhumé le 15 novembre suivant.
8. Jean-Baptiste : Porté sur les fonds baptismaux par son parrain Joseph-Michel Dagenais (son frère) et sa marraine Marie Gervaise, le 25 novembre 1707, il fonde un foyer avec Marie-Louise Preaux (ou Proulx), fille de Jean-Baptiste et Marie Fleury (31 mai 1734, à Saint-Laurent).
9. François-Marie* : Fait enfant de Dieu le 16 novembre 1710 (parrain : Joseph Lemay ; marraine : Marie Lesieur), il jette son dévolu sur Marie-Charlotte Vanier, fille de Jean et Charlotte Chamard (Sault-au-Récollet 16 novembre 1739). * Mon ascendance débute avec lui.
10. Laurent Né en 1713, le furur époux de Élisabeth Brignon dite Lapierre continuera la lignée familiale, comme indiqué plus loin. 

À l'âge de 16 ans, Pierre pleure la mort de son père dont il porte le prénom. Ce dernier se transmettait souvent au cours des générations, comme pour maintenir une continuité familiale, une tradition propre au Canada français. 

Dans la lignée directe des Dagenais, on trouve deux Pierre, deux Laurent et deux Augustin. Comme son père, Pierre Dagenais fils savait écrire. Il signait D'Agenez sur ses contrats notariés. Les cinq générations suivantes ne pourront en faire autant. 



D'après un contrat rédigé par le notaire Antoine Adhémar, le 16 février 1698, Pierre et ses soeurs (Cécile, Élisabeth et Françoise) finalisent la vente des biens de leurs parents Pierre Dagenais et Anne Brandon à Claude Crespin, époux de Marie Vaudry.



Voulant améliorer le confort de sa petite famille, Pierre Dagenais contracte deux obligations envers Pierre Perthuys, marchand de Ville-Marie, aujourd'hui Montréal. Le 18 mars 1698, alors habitant de l'île Jésus (probablement à Saint-François-de-Sales), il reconnaît une dette de 65 livres pour laquelle il hypothèque ses biens meubles et immeubles. 



Le 29 mars 1699, ce laboureur de la Pointe-aux-Trembles contracte une obligation portant solde de compte (c'est-à-dire des marchandises achetées à crédit) pour une somme de 148 livres.



Le 20 avril 1699, par un bail à ferme et loyer (contrat de location) consenti par Marie Dumeny, veuve de André Charly de Saint-Ange, en son vivant de Montréal, Pierre Dagenais loue une terre labourable proche de Ville-Marie, avec maison, étable et grange. 



Il paiera icelle veuve en produits de la ferme : 50 minots de blé froment et dix d'avoine, pour chacune des cinq années du contrat idoine, le jour de la Saint-Martin.


Homme très versatile, à l'instar de son père, Pierre Dagenais exerce plusieurs métiers : défricheur, cultivateur, capitaine de milice et engagé pour l'Ouest. Par une convention datée du 23 octobre 1701, il achète certaines provisions de Pierre Perthuys, marchand susrelaté. 

Comme les habitants de la Nouvelle-France manquaient souvent de numéraire (peu d'argent circulait dans la colonie), ledit marchand accepte, en guise de paiement, 20 minots de blé froment et 20 d'avoyne (sic).

Pierre Dagenais fils deviendra un des pionniers du territoire connu comme le Sault-au-Récollet. Le 15 septembre 1702, en l'étude du notaire Pierre Raimbault, Messire François Vachon de Belmont, supérieur du Séminaire Saint-Sulpice de Montréal, seigneur de l'île de Montréal depuis 1663, concède en effet à Pierre Dagenais une concession de la coste (côte) Saint-Michel (chemin est-ouest dans les parages de la rue Jarry).  

Mesurant 3 arpents sur 20, avec droit de commune (lieu où les habitants du voisinage pouvaient envoyer paître leurs troupeaux). La rente annuelle consiste en 30 minots de bled froment bon sec, net loyal et marchand.

Outre les obligations mentionnées plus loin, ledit censitaire s'engage à ne vendre ancunc boisson ennyvrante aux Sauvages (sic). Cette censive porte le numéro 1084D dans le Livre terrier de la seigneurie de l'île de Montréal, conservé aux archives du Séminaire Saint-Sulpice, dont l'édifice construit en 1685 se trouve aujourd'hui rue Notre-Dame, à côté de la basilique Notre-Dame.

À cette époque, les cultivateurs vivaient sous le régime seigneurial, un système de propriété à deux niveaux. Le seigneur s'oblige à peupler la seigneurie et à concéder un lopin de terre à qui le demande. Il profite de droits honorifiques (préséance de banc à l'église) mais surtout réels. 
Par le paiement du cens, le censitaire reconnaît au seigneur un certain droit de propriété éminente.  Il doit payer une rente annuelle (en argent ou en produits de la ferme) et les lods et ventes (taxe de mutation). La banalité de moulin oblige les censitaires à utiliser le moulin du seigneur pour moudre leur blé et à lui payer le quatorzième minot. 

Cédant aux pressions de la bourgeoisie commerçante anglaise et de la masse paysanne, le gouvernement abolira le régime seigneurial en 1854 pour le remplacer par la tenure en franc et commun socage, c'est-à-dire le droit de pleine propriété en vigueur de nos jours.

Le 7 octobre 1703, Pierre abandonne à François Hertel, écuyer (titre purement honorifique, comme esquire chez les Anglais) et seigneur de Chambly, absent mais représenté par le notaire royal Jean Cusson, une part de terre d'icelle seigneurie, probablement héritée de la famille de sa femme Marie Drouet. Mais déchiffrer l'écriture rébarbative du notaire Adhémar demande des notions de paléographie avancée !

L'année suivante, le 21 avril 1704, Étienne Campot, taillandier (forgeron fabriquant des outils tels haches et marteaux) et habitant (cultivateur) de Ville-Marie, concède à Pierre Dagenais, laboureur dudit lieu, un bail à ferme de terres situées au quartier Bonsecours, de nos jours près du port de Montréal.

Par une obligation portant la date du 21 octobre 1706, Pierre s'engage à livrer une certaine quantité de bois de chauffage à Jean-Baptiste Charly, marchand de Ville-Marie.

Le 4 avril 1713, François-Joseph Carpentras, maître menuisier de Montréal, loue pour une période de cinq ans une terre de la côte Saint-Michel, de 8 arpents de front sur 20 de profondeur, moyennant 10 minos de froment, payables chaque année. 

Le 1er octobre suivant, Pierre repart pour la région des Grands lacs, signant un contrat d'engagement envers Messieurs les Associés de la mer de l'Ouest, qui lui vaudra une rémunération de 200 livres, dès son retour de voyage.

Marguerite Maclin, veuve de Nicolas Boyer de Ville-Marie, assistée de son gendre Charles Gervais, demandera le 6 avril 1715 au notaire Michel Lepailleur de La Ferté, de rédiger les clauses d'un bail à loyer et ferme d'une terre située près de la petite rivière Saint-Pierre (disparue de nos jours). 

Pierre s'engage à cultiver icelle (cette) propriété, moyennant une partie des récoltes. Dans le minutier du notaire Marien Tailhandier dit La Baume, on découvre, à la date du 29 février 1720, une quittance de Catherine Roy (fille de Françoise Dagenais) à son oncle et tuteur Pierre Dagenais. Marie Drouet lui remet au nom de son mari des étoffe et de la toile blanche valant 36 livres.

Le 3 novembe 1720, Edmé Moreau, baille (loue) à Pierre Dagenais une concession de 3 arpents sur 20, à la Côte Saint-Michel. Il accepte en guise de paiement 10 minots de blé froment et 5 minos de pois. 

Le Séminaire Saint-Sulpice, toujours représenté par son supérieur, François Vachon de Belmont, concède, le 15 janvier 1721 devant le notaire Raimbault, un reste de terre situé à la côte de Plaisance (ou Grande Prairie), voisine de la côte Saint-Michel, en imposant les conditions habituelles : droit de mouture du grain, tenir feu et lieu (habiter l'endroit), entretenir sa part de chemin, payer un demy (sic) minot de froment pour tous les 20 arpents de superficie, réserver au seigneur le bois de charpente, défricher trois arpents par année sous peine de déchéance de la concession, etc.

En 1729, Pierre Dagenais reçoit le titre de capitaine de milice (une sorte d'armée de réserve) qui, à l'époque, ne se limite pas à das tâches plutôt honorifiques, comme au XIXe siècle.

Marie Drouet pousse son dernier soupir le 28 janvier 1736, à l'âge de 55 ans (et non 67 ans, tel qu'indiqué dans le registre du Sault-au-Récollet). Le curé Desenclaves l'inhume dès le lendemain au cimetière paroissial (certains disent dans le sous-sol de l'église), en présence de son mari, Pierre Dagenais, et de Jean Turcot qui, aux dires du célébrant, déclarent ne scavoir (sic) signer.

Pierre survivra treize ans au décès de son épouse. Le 19 décembre 1749, Monsieur Chambon, curé de sa paroisse d'adoption, préside les funérailles du défunt, âgé de 80 ans (en réalité, 77), ancien capitaine de milice, en présence de plusieurs témoins.

Histoire d'une lignée de Dagenais - 2e partie


Le 27 juillet 1666, les Sulpiciens, seigneurs de l'île de Montréal, accordent la concession (sans doute verbale, car on ne trouve pas l'acte notarié idoine) d'une terre à la côte Saint-François, mesurant 2 arpents sur le bord du fleuve Saint-Laurent, par 15 de profondeur, entre Antoine Cognon et Olivier Charbonneau. 

Certains situent erronément cette concession sur l'île Jésus, à l'endroit où se trouve aujourd'hui le Centre de détention Archambault. Le nom de Pierre Dagenais figure dans deux grands recensements de la Nouvelle-France.

En 1667, âgé de 33 ans, il habite avec sa femme Anne Brandon (née le 28 août 1634) et leur fils Michel (15 mois). II possède deux arpents mis en valeur, à côté des parcelles de Michel Moreau et Claude Desjardins. 

Pierre prend plusieurs années à trouver sa voie, entre les métiers de défricheur, cultivateur, vigneron et tailleur d'habits.

Le notaire Bénigne Basset dit Deslauriers rédigera les quatre actes sousmentionnés. Le 4 septembre 1667, Pierre Dagenais & uxor (et sa femme) vendent leur maison à Charles Testard dit Folleville, habitant de Montréal et beau-frère de Marie Pournin, pour le prix de 90 livres tournois, dont neuf iront au chirurgien Jean Gaillard (arrivé à Québec en 1662).

Gérard Lebel soulève l'hypothèse d'une dette contractée à la suite de soins médicaux prodigués au petit Michel (il décèdera à la mi-novembre 1667). Le contat porte la jolie signature d'Anne Brandon, digne d'une institutrice diplômée. 

Le jeune couple quitte le côteau Saint-Louis pour s'installer sur la concession accordée en juillet 1666. Il la conserve jusqu'au 5 novembre 1670. Antoine Dufresne, époux de Jeanne Fauconnier, devient l'acquéreur de cette propriété, sur laquelle se trouve une cabane à grains de pieux en terre pour la somme de 160 livres tournois. 

Pierre reçoit dès lors 6 minots de blé froment valant 30 livres, dont quittance, le reste payable en trois paiements de 43 livres, 6 sols et 8 deniers, en blé ou en argent.

Il s'installe alors sur sa nouvelle terre de 30 arpents carés, au lieu-dit de Saint-François, achetée le 3 juillet de la même année de Pierre Lorrain dit Lachapelle, maître charpentier, époux de Françoise du Verdier-Saulnier. 

Pierre paye 2 livres sur-le-champ mais le vendeur se réserve l'usufruit de la terre, soit la récolte de grains. Jean Gervaise et François Bailly servent de témoins.

Trois ans plus tard, Ie 17 septembre 1673, Pierre revend cette ferme à Claude Raimbault, maître menuisier de Montréal, époux de Madeleine Thérèse Sallé, pour 100 livres en marchandises de France et 50 minots de blé. Le vendeur se réserve le logement jusqu'au 24 juin 1674.

Pour les trois années qui suivent, les généalogistes chercheront vainement la trace de Pierre Dagenais. Le baptême d'Élisabeth à pointe-aux-Trembles (1676), celui de Cunégonde à la Rivière-des-prairies et la sépulture d'icelle à pointe-aux-Trembles (1679) nous laissent croire à la présence de la famille quelque part sur le territoire de ces paroisses, ou celui voisin du Sault-au-Récollet.

Au recensement de l'hiver 1681, la famille de Pierre Dagenais (50 ans) et d'Anne Brandon (50 ans), comprend Michel,(16 ans), Françoise (14), Cécile (12), Pierre (8) et Élisabeth (6), après le décès de Marguerite et de Cunégonde. 

Jadis marchand, fermier et viticulteur, Pierre déclare comme profession tailleur d'habits. Il possède toutefois trois bêtes à cornes et neuf arpents en culture sur l'île de Montréal, dans le voisinage de Rollin Billaud et d'Antoine Beaudry.


Elaborons un peu sur la profession de tailleur. Pierre Dagenais en apprit sans doute les rudiments en France. Dans la mère-patrie comme dans sa colonie, les artisans acquéraient leurs compétences professionnelles en effectuant une période d'apprentissage auprès d'un compagnon ou d'un maître. 

Nous en voyons un exemple par un contrat d'engagement passé devant le notaire Romain Becquet le 2 janvier 1673.

Anicet Bouyer s'engage pour deux ans auprès de Antoine de Lafonds, maître tailleur d'habits pour les Jésuites, au Collège de Québec. Il fera le profit du patron, le servira fidèlement, lui obéira en tout ce qu'il lui commandera de licite et d'honnête, portera à sa connaissance tout fait susceptible d'intéresser ses affaires et l'avertira de tout dommage s'il en vient à sa connaissance. 

Son patron lui montrera tous les secrets du métier et le traitera humainement (logé, nourri et blanchi). Au bout des deux ans convenus, il lui versera des honoraires de 150 livres. 

Devant les difficultés de faire venir d'Europe tissus, toiles et draps, les habitants de la Nouvelle-France conservaient précieusement leurs vêtements, souvent mentionnés dans les inventaires après décès.



Ils confiaient la fabrication des vêtements aux tailleurs d'habits. Selon les observations relevées par le célèbre ethnologue Robert-Lionel Séguin, l'étoffe du pays s'avère peu courante. 

Les vêtements de facture française constituent un luxe peu répandu. Y consacrant parfois plus d'argent qu'à son cheptel, l'homme dispose d'une garde-robe mieux garnie que celle de sa femme. 



L'apport amérindien se limite pratiquement à la chaussure. La tenue vestimentaire s'inspire des modes françaises.

Pierre Dagenais ne possedait pas de boutique avec pignon sur rue ; il devait, à l'instar des métiers ambulants décrits dans le livre de Jeanne Pomerleau, se promener de porte en porte. 

Les tailleurs montraient les tissus, prenaient les mesures, revenaient porter les vêtements cousus et apporter les retouches idoines (convenir exactement).

Lee tristement célèbre massacre de Lachine se déroule dans la nuit du 4 au 5 août 1689. Une inscription sur le monument aux victimes de cette hécatombe, érigé à Lachine, nous apprend que quatre jours après l'événement, les Iroquois, assoiffés de vengeance et enflammés par leurs succès, répandirent la terreur dans toute l'île de Montréal et jusqu'à Lachenaie.


Le 9 août, ils massacrent Pierre Dagenais dit Lépine (et probablement son épouse Anne Brandon, mais nous y reviendrons). Monsieur Brissac, sulpicien et curé de Saint-Charles de Lachenaie inhume la dépouille mortelle de Pierre Dagenais sur les lieux même du trépas par crainte du retour des Iroquois.

Dès son retour au presbytère, il écrit l'acte de sépulture sur un bout de papier. Selon Gérard Lebel, nous devons aux recherches patientes d'Édouard-Zotique Massicotte, archiviste au Palais de justice de Montréal vers 1900, l'explication de cette tragédie longtemps demeurée confise. 

Dans un article publié en 1914 par le Bulletin des recherches historiques, il relate la découverte d'un bout de papier inséré dans le registre de l'île Jésus, Repentigny et autres paroisses (1697-1698), conservé aux archives judiciaires de Joliette. 

Toujours selon Lebel, cet écrit authentique confirme la date exacte de la mort de Pierre Dagenais. Dans une note en marge d'une sépulture faite le 8 août 1729 dans le registre de la Rivière-des-Prairies, le sulpicien Simon Saladin écrit : 
Le 8 août 1729, enterré dans le cimetière de ladite église les ossements de Pierre Dagenais, mort depuis 41 ans, et inhumé sur la Pointe à Desroches, en présence de Paul Brunet soussigné avec moi
Icelle (cette) pointe se trouve près d'un ruisseau qui se jette dans la rivière des Prairies. Le document demeure muet sur le sort réservé à Anne Brandon, probablement brûlée vive ou emmenée prisonnière par les Iroquois. 

Chose certaine, elle disparaît en même temps que son mari. Qu'arriva-t-il aux enfants, tous épargnés ? Furent-ils hébergés par leur soeur Françoise et son époux Pierre Roy ? Ce n'est pas impossible mais nous ne le saurons jamais.

Plusieurs années après, Françoise, Pierre, Élisabeth et Cécile Dagenais, réunis en conseil de famille avec leurs conjoints respectifs, décident de vendre à Marie Vaudry, veuve de Claude Crespin, en son vivant domestique au Séminaire, une concession située à la Rivière-des-Prairies, de 3 arpents de front sur 20 de profondeur, bornée par celles de Jean Milhet, Paul Lauzon et autres, concédée par les Sulpiciens le 25 novembre 1673. 

La famille accepte la somme de 400 livres, dont une partie payée comptant. Le notaire Antoine Adhémar rédige l'acte idoine d'une savante (et quasi indéchiffrable) écriture, le 16 février 1698.

dimanche 28 juin 2015

Histoire d'une lignée de Dagenais - 1ère partie



Cahiers d'histoire du Sault-au-Récollet

Par André Dionne, B.A.

D'où vient le nom de famille Dagenais ? Selon Narcisse-Eutrope Dionne, il s'inspire de la ville d'Agen dans le département de Lot-et-Garonne, au sud-est de Bordeaux, ou de l'Agenais dans le comté de Guyenne. 

Il dériverait du verbe agener : gêner, incommoder. Gérard Lebel avance une autre hypothèse : le patronyme Dagenais ferait allusion au cavalier d'un cheval de petite taille originaire d'Espagne, ou au genêt, un arbrisseau à fleurs jaunes poussant dans les terrains vagues.

L'ancêtre signait Dagenez ; notaires et recenseurs écrivaient Dagenest. Au fil des ans, le patronyme prend plusieurs formes : Dagenai, D'AgenaisDagenay, Dagenè, Dagenes, Dagenets, Dagenet, ou Dagenez. Le surnoml Lépine, porté parfois par notre pionnier, rappellerait les aiguilles dont se servaient les tailleurs. 



Plusieurs Dagenais s'illustrèrent au Canada : signalons Pierre (géographe), Gérard (linguiste) et André (philosophe).
Pierre Dagenais père (1634 - 1689)

Lors de son mariage en 1665, Pierre Dagenais se dit originaire de la paroisse Saint-sauveur de La Rochelle. Aujourd'hui peuplé de 82 000 âmes, ce port de pêche sur l'Allantique, en face de l'île de Ré, se trouve à 290 milles au sud-ouest de Paris, par l'autoroute A-10 et la route N-11.

Les immenses tours Saint-Nicolas et de la Chaîne, érigées au XIVe siècle, protègent son port de forme circulaire, souvent ensablé. Une lourde chaîne de fer tendue entre les deux en contrôlait l'accès. Les tours de la Lanterne (ou des Quatre Sergents) et de la Grosse Horloge se trouvent plus loin.

Chef-lieu du départemenr de la Charente-Maritime et jadis capitale de l'ancienne province d'Aunis, l'endroit devient un haut-lieu des guerres de religion. Le calvinisme y prospéra. En 1628, le cardinal de Richelieu, figure de proue de la Contre-Réforme, put forcer les remparts érigés par les huguenots (protestants).

À la fin du XVIIe siècle, La Rochelle constitue un important port d'embarquement pour la Nouvelle-France et l'Acadie. De cet endroit se firent de nombreux armements et engagements pour le Nouveau Monde. 

Il exporte vers les Antilles vins, céréales, eaux-de-vie, sel et autres marchandises ; il importe des fourrures canadiennes. Grâce aux précieux travaux du franciscain Archange Godbout dans l'état civil et les minutiers des notaires rochelais, nous en connaissons davantage sur les promoteurs du peuplement de la colonie naissante : Antoine Cheffault de la Renardière, Pierre Le Gardeur de Repentigny et Noël Juchereau.

Plusieurs marchands s'enrôlent dans la Compagnie de la Nouvelle-France ; citons Olivier Le Tardil, François Perron, Jean Bourdon et Pierre Dagenais. Des illustrations d'époque nous montrent le port et le genre de bateaux sur Iesquels voyagèrent nos ancêtres.

Outre la cathédrale dédiée à saint-Louis, la ville compte plusieurs églises : Saint-Jean-hors-les Murs, Sainte-Marguerite, Notre-Dame-de-Cogne, Saint-Barthélemi et Saint-Sauveur. La collaboration de l'Institut francophone de généalogie et d'histoire permit de retracer l'acte de baptême de Pierre Dagenais, un document absolument inédit au Canada. 
Acte de baptême de Pierre Dagenais - 17 septembre 1634
Le 17 septembre 1634, Monsieur Robert, curé de Sainte-Marguerite, baptise le fils de Renaud (la prononciation déformée en fera un Arnaud) Dagenais et d'Andrée Poulet en présence du parrain Pierre Couvaige (ou Convaige), sieur de la Tour, sergent royal, et de la maraine Françoise Rabie.

Pierre Dagenais vécut son enfance sur le territoire de la paroisse Saint-Sauveur, établie sur le quai Maubec, longeant le canal de Marans. Son clocher date du XVe siècle. Une crypre sous l'église de style gothique servait jadis aux assemblées clandestines des Réformés, avant l'édit de Nantes sur la liberté de culte et après sa révocation.

Vers 1661, Pierre Dagenais, marchand rochelais, décide de tenter sa chance dans un continent neuf et plein de promesses, loin de la vieille Europe en proie à des guerres et des famines périodiques. Seul Dagenais à immigrer en Nouvelle-France, et il signait Dagenez. 

Venant comme volontaire, car son nom n'apparaît pas dans les listes d'engagés (pour 36 mois habituellement) partant de La Rochelle, il devait posséder assez d'argent pour payer son droit de passage et arriver au Canada sans l'aide d'un passeur ou agent d'engagement (comme Robert Giffard, de Mortagne-au-Perche).

À cette époque, les habitants de Ville-Marie, sous la menace constante des Iroquois, s'unissent par escouade de sept personnes chacune sous la direction d'un caporal, mise au nombre de la garnison.

Pierre Dagenais dit Lépine déclarera aux recenseurs de 1667 qu'il faisait partie de la Xe escouade (appelée milice de la Sainte-Famille), fondée par le gouverneur et fondateur de Montréal, Paul Chomedey de Maisonneuve.

La première mention du nom de Pierre Dagenais dans un acte notarié remonte au 29 octobre 1663 dans le minutier de Bénigne Basset. Pierre Dagenais, de l'île de Montréal, baille pour un an à Olivier Charbonneau, du même lieu (et plus tard le premier habitant de l'île Jésus), les deux arpents défrichés depuis deux ans sur une concession louée de Laurent Archambault. Il recevra en guise de paiement 12 minots de blé froment, à la Saint-Michel 1664. 

Le paraphe de Pierre Dagenais apparaît au bas de l'acte. Selon Gérard Lebel, ce document prouve trois choses : l'arrivée de Pierre avant l'automne 1661 ; son premier métier, cultivateur ; et son établissement temporaire dans la campagne entourant Ville-Marie sur le côteau Saint-Louis (aujourd'hui entre les rues Parthenais et Delorimier), entre ses voisins Urbain Jetté et Marie Pournin, veuve de Jacques Testard dit Laforest

Ne terminant pas lui-même la dernière année de son bail, Pierre construit une maison sur une part de terre concédée verbalement par Gabriel Souart, supérieur des Sulpiciens. Recouverte de planches avec chambre basse, grenier et cheminée, elle voisine celles de Mchel Moreau et de Claude Desjardins dit Charbonnier.

Le 2 août 1664, trois marchands rochelais se retrouvent dans l'étude du notaire Pierre Duquet à Québec : Alexandre Petit et François Roy, de passage à Québec et Pierre Dagenais. 

Ce dernier présente un document signé par le notaire Langlois, de La Rochelle, prouvant que son frère Simon Dagenais, marchand de ladite ville lui doit 126 livres. Cet argent se trouve entre les mains de Simon Baston, un autre marchand rochelais. 

Alexandre Petit remet ladite somme à Pierre Dagenais ; il la réclamera dès son arrivée en France. Avant de remonter à Montréal, Pierre Dagenais achète des marchandises et s'endette de 266 livres envers Petit. 

Le 4 août 1664, il signe une obligation envers ce dernier ; il promet devant notaire d'en payer 100 au premier basrtment qui descendra de Montréal à Québec et le solde par le premier navire du printemps 1665.

Après un séjour à Québec, Pierre vient s'établir à Montréal. Voulant peupler rapidement un territoire vierge, les autorités coloniales encourageaient fortement les jeunes gens à se marier. La Divine Providence permet à Pierre de trouver la perle rare, une demoiselle avec laquelle il pourrait fonder un foyer.

En 1665, deux bateaux amènent à Québec des filles du Roi, orphelines pauvres mais instruites et protégées par Louis XIII, et non des personnes de mauvaise vie, comme le veut une légende tenace : le navire du capitaine François Filly, le Saint-Jean-Baptiste-de-Dieppe (18 juin) et un autre le 2 octobre.

Anne Brandon (dont le nom signifie flambeau de paille ou tison enflammé qui s'élève d'un incendie) débarque du premier. 

Âgée d'environ 24 ans, elle se dit la fille de Daniel Brandon et Jeanne Proligne, native de Saint-Laurent de Sedan, chef-lieu du département des Ardennes. Cette ville, au fond de la vallée boisée de la Meuse rappelle deux défaites des armées françaises, en 1870 et 1940.

Anne se rend à Montréal dans une modeste embarcation ; elle devient la protégée de Jeanne Mance ou de Marguerite Bourgeois.

Après les fréquentations d'usage, Pierre Dagenais (31 ans) obtient sa main. Le 17 novembre 1665, le sulpicien Gabriel Souart, curé de Notre-Dame de Montréal accorde sa bénédiction nuptiale aux deux tourtereaux en présence du tailleur Nicolas Hubert, Gilbert Barbier (ancien marguillier), Pierre Jarry et plusieurs témoins rassemblés pour la circonstance.
Mariage de Pierre Dagenais et Anne Brandon - Crédit image : Migration.fr
De leurs six enfans (deux garçons et quatre filles), aucun ne contracta mariage du vivant de ses parents.

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1. Michel - L'aîné de Ia famille reçoit le sacrement du baptême le 29 septembre 1666 à Montréal (parrain : Isaac ... ; marraine : Barbe Barbier). Inhumé à la Rivière-des-Prairies le 17 octobre 1697.
2. Françoise Née le 3 mars 1668 à Montréal (panain : Gabriel Barbier, maître charpentier; marraine : Françoise Janot dite Lachapelle), elle devient à l'île Jésus, vers 1688, l'épouse de Pierre Roy, originaire de l'évêché de Poitiers, né vers 1661 de parents inconnus.
Pris par les Iroquois, ce dernier meurt à la fin de juillet 1692. Devenue veuve, Françoise engendre une fille naturelle avec Léonard Lalande, puis se remarie à Montréal le 22 avril 1699 avec Pierre Chonard dit La Giroflée, fils de Nicolas et Anne Berruère né à Tours vers 1663, lequel épousera subséquemment Madeleine Faye à Pointe-aux-Trembles en 1708.

3. Cécile - Voyant le jour le 12 avril 1670 (parrain : Jean Desbroyeux ; marraine : Cécile Janot), elle met au monde Marie-Charlotte, née en 1696 de père inconnu. Le, 19 juin 1698 à Montréal, elle épouse officiellement Claude Dumay dit Lafeuillade, fils de Jean et Andrée Guyonne, né vers 1664 à Fresnes, évêché de Chartres. Claude meurt à la Rivière-des-Prairies le 12 décembre 1719 ; Cécile le 13 octobre 1745 à la Pointe-aux-Trembles.

4. Pierre* - La vie du seul garçon à transmettre le patronyme Dagenais se trouve relatée plus loin.

5. Elisabeth - Venue au monde le 26 mai 1675. Raphaël Descent lui fait un enfant naturel en 1695. Elle se laisse conduire au pied de l'autel de Repentigny

le 15 novembre 1698, par Jean Auger dit Lafleur, fils de Jean et Marie Giran, originaires de Libourne en Guyenne. Nous ignorons la date de son décès.

6. Cunégonde - Baptisée le 28 août 1679 à la Pointe-aux-Trembles (parrain : Jean Barousset ; marraine : Cunégonde Masta), elle y meurt le 3 septembre suivant.


Source : Société pour la conservation du Sault-au-Récollet  - Cahier no 1, automne 1990, pages 11 à 28

vendredi 26 juin 2015

Biographie de Pierre Dagenais, comédien


Pierre Dagenais, comédien bien connu, était aussi l'un des plus importants scénaristes et metteurs en scène du Québec.

Issu d'un milieu familial modeste comptant cinq enfants, il commence ses études au Collège Sainte-Marie de Montréal. Après quelques cours en philosophie à l'Université de Montréal, il décide d'orienter sa carrière vers l'art dramatique.

À vingt ans (en 1943), Pierre Dagenais devient réalisateur du feuilleton radiophonique Métropole écrit par Robert Choquette. La même année (1943), il fonde la troupe du Théâtre de l'Équipe, autour d'un petit noyau de jeunes comédiens dont Janine Sutto, Nini Durand, Yvette Brind'Amour, Robert Gadouas et Jean-Pierre Masson, qui lui vaudra de brillants succès mais aussi de graves échecs financiers qui le force (en 1948) à mettre fin à cette expérience. Le Théâtre de l'Équipe met de l'avant une série de réformes qui visent non seulement à améliorer la qualité des spectacles, mais aussi à travailler dans le respect et la dignité des acteurs.

Par la suite, il décide alors d'écrire pour le radio. Il écrit plusieurs feuilletons radiophoniques dans la décennie qui suit.

Il est aussi un comédien actif tant sur scène qu'à la radio et à la télévision.

En 1974, son ouvrage Et je suis resté au Québec rappelle aux Québécois la lutte que les gens de théâtre ont menée pour assurer la vitalité culturelle des francophones.

Le fonds d'archives de Pierre Dagenais est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[1]

Source: Wikipédia

mercredi 24 juin 2015

Les familles pionnières du Bas-du-Sault


Les familles établies depuis un certain temps dans la paroisse, comme les Sicard, Delorme, Cayet, Lorain, Thilly, ont toutes des maisons de pierres avec hangar, écurie, étable, cour, jardin. 

Les familles pionnières ont commencé par posséder et cultiver une ferme pour ensuite la laisser à leur aîné et venir s’établir au village. Une autre partie de ces villageois a désiré s’établir au village à cause de la proximité des moulins pour y travailler comme charpentier, menuisier ou forgeron.

En 1781, un dénommé Louis Johannis possédait une boutique de forge, en plus d’une écurie et d’une étable. La famille du laitier Dagenais avait un terrain clos en pierre, une maison et une laiterie en pierre, une écurie, une étable, un hangar, une cour et un jardin.

Les autres villageois qui ne possèdent qu’une maison en bois, une cour et un jardin, doivent une rente en argent aux seigneurs, puisqu’ils ne vivent pas de la culture de la terre. 

Les fermiers de la côte du Sault et de la côte Saint-Michel se rendent aux moulins parce qu’ils sont obligés d’y faire moudre leur grain, en versant aux seigneurs une fraction du grain moulu. Les taxes et les obligations étaient également le lot de nos ancêtres.

Les Dagenais 

Entre 1736 et 1970, on compte pas moins de 218 mariages unissant un homme ou une femme de ce nom dans les registres paroissiaux. Les Dagenais descendent de Pierre Dagenais et Anne Brandon (1634-1689), qui se sont mariés, à Montréal, le 17 novembre 1665. C’est leur fils, Pierre Dagenais (1672-1749), uni à Marie Drouet en 1695, qui s’établit dans la partie nord de la côte Saint-Michel, dès le 15 septembre 1702. 



Maison historique François Dagenais fils
Défricheur, cultivateur, il est aussi un des engagés de Messieurs les Associés de la mer de l’Ouest. Il reçoit le titre de capitaine de milice en 1729. Laurent Dagenais (1713-1785) est également voyageur. 

De 1731 à 1762, il signe au moins dix contrats d’engagement pour l’Ouest et la région des Grands Lacs. Il transporte, à l’aide de grands canots, des marchandises et des pelleteries destinées au poste de traite et aux forts éloignés dans les pays d’En-Haut

Au recensement de 1781, au moins six Dagenais possèdent des terres dans la paroisse, Jean-Baptiste Dagenais, qui fut passeur de bac entre 1832 et 1834, demeurait au Sault. Un des fils de François Dagenais, Thomas, sera ordonné prêtre au Sault-au-Récollet par Monseigneur Ignace Bourget, le 18 décembre 1858. 

Son petit-fils, Roch Dagenais, sera élu commissaire de la municipalité scolaire de Saint-Charles-du-Bas-du-Sault, en 1913, et un des fils de Roch, Bernard Dagenais, fut longtemps à la tête de Pigeon Marine.

Les Brignon-Lapierre  

Au même titre que Pierre Dagenais fils et Louis  Pigeon, installés là en 1702 et 1705, les Brignon-Lapierre figurent parmi les premiers habitants qui feront souche à Montréal-Nord. Jean-Baptiste Brignon s’établit à la côte Saint-Michel en 1708. 

Il épouse, en 1710, Anne-Charlotte Prévost à Notre-Dame-de-Montréal. L’union de leur fille, Marie-Isabelle et de Laurent Dagenais, le 5 novembre 1736, constitue le quatrième mariage inscrit sur les registres de la paroisse de la Visitation. De 1814 à 1912, les Brignon-Lapierre habiteront la maison située au 4251, boulevard Gouin Est.

Luc Brignon-Lapierre s’est intéressé aux affaires publiques. Il prend part, le 11 juin 1832, à l’assemblée des chefs de famille de l’arrondissement scolaire de la côte du Sault, pour y élire les syndics. On le retrouve, en octobre 1837, à une réunion du Comité central et permanent des Patriotes du comté de Montréal. En 1846, il est marguillier responsable de la Visitation.

Son neveu, Ambroise Brignon-Lapierre, sera emprisonné pour avoir pris les armes, avec le docteur Jean-Olivier Chénier, à Saint-Eustache. Né au Sault-au-Récollet, où il avait épousé Judith Dagenais, le 26 février 1816, il s’était établi à Saint-Eustache pour y cultiver la terre. 

Après la Rébellion, il sera aubergiste dans cette localité. La tradition politique des Brignon se poursuit avec le petit-neveu de Luc Brignon-Lapierre, Joseph, qui sera maire de la paroisse, de 1887 à 1889.

Les Guilbault   

Au X1Xe siècle, les Guilbault ne se comptent plus dans le Bas-du-Sault. Sept Guilbault possédaient des terres dans la paroisse, toutes situées dans la partie nord-est. Vers 1816, Jean-Baptiste Guilbault se construira une maison de pierres et Laurent Guilbault fera bâtir la sienne tout près. 

Elles existent toujours et portent respectivement les numéros 4065 et 4525 du boulevard Gouin Est, à Montréal-Nord. Sept Guilbault furent marguillers. Laurent Guilbault sera conseiller municipal, de 1858 à 1860. 

En 1873, son fils, Joseph Guilbault, remplacera François-Xavier Pigeon comme inspecteur de la voirie. Enfin, Alfred Guilbault sera élu conseiller municipal de la paroisse au début du XXe siècle.

Source : Jounal Métro

mardi 23 juin 2015

Un triple mariage

Lundi, 23 novembre 1671. La côte Saint-François (actuel quartier Longue-Pointe à Montréal) est animée d’une procession qui s’achemine vers l’ouest: aujourd’hui a lieu un triple mariage. Drôle de moment qu’un lundi de novembre pour se marier, direz-vous. 


Crédit photo : Agence QMI
Mais en ce siècle dont le rythme est réglé par les travaux des champs et certaines contraintes religieuses, il en va tout autrement. Et ce début de semaine d’un mois automnal est tout à fait conforme aux exigences et coutumes de l’époque. 

Voisins, amis et parents se joignent au cortège nuptial qui, avec le recul imposé par le temps, devient pour nous un cortège d’ancêtres.


Chapelle de l'Hôtel-Dieu, Montréal
C’est en la chapelle de l’Hôtel-Dieu (chapelle de l'Immaculée-Conception) de Montréal que seront célébrés ces mariages car la première église Notre-Dame ne sera inaugurée que plus tard. Gabriel Souart et Gilles Perot, ancien et nouveau curés, accueillent les futurs époux qui prennent place à la balustrade : Jean Grou, de Normandie et Marie-Anne Goguet, d’Aunis; Guillaume Labelle, de Normandie également et Anne Charbonneau, d’Aunis comme la précédente, sa cousine. En effet, Louise et Marie-Marguerite Garnier, leurs mères, vivent en Nouvelle-France depuis 1659, de même que Michelle, leur soeur, épouse de Simon Cardinal. 

Finalement, Pierre Payet dit Saint-Amour, soldat de Carignan originaire de Gascogne et Louise Tessier, native de Montréal, rejoignent les deux autres couples. Les trois bans réglementaires ayant été publiés, et aucune objection auxdits mariages n’ayant été apportée, on peut procéder à l’échange des voeux et des bénédictions devant une assistance respectueuse mais joyeuse. 

On devine aisément le sermon de Messieurs Souart et Perot qui insistent sur la responsabilité des époux à peupler la colonie de descendants fidèles à la foi chrétienne. Heureusement, nul plaisantin ne vient «nouer l’aiguillette», pendant la cérémonie, ce qui entraînerait, selon une croyance remontant au Moyen-Âge, l’incapacité à consommer le mariage.

De qui est constituée l’assemblée? Les actes de mariage des trois couples concernés nous éclairent à ce sujet. Tout d’abord, Pierre Goguet et Louise Garnier, parents de Marie-Anne Goguet. Puis, Olivier Charbonneau et Marie-Marguerite Garnier, parents d’Anne Charbonneau. 

Ensuite, Urbain Tessier et Marie Archambault, parents de Louise Tessier. Et finalement, les témoins parmi lesquels nous pouvons entre autres citer Jacques Lebert, marchand, Charles LeMoyne, écuyer et Sieur de Longueuil, Pierre Dagenais dit Lépine, habitant, voisin et partenaire d’Olivier Charbonneau à l’un des moulins sur le Saint-Laurent, Philippe de Carion, écuyer et lieutenant de garnison, Paul Maurel, enseigne, Laurent Archambault, Gilles Lauzon, marguillier, Jean-Baptiste Gadoys, armurier, Laurent Tessier, Paul Tessier. Il est à noter que, parmi les nouveaux mariés, seuls Jean Grou et Louise Tessier savent signer.


Plaque commémorative rappelant la bataille de la Coulée Grou le 2 juillet 1690 à Pointe-aux-Trembles
Le mariage religieux terminé, on reprend le chemin de la côte Saint-François en direction des maisons familiales car la coutume veut que le père de la mariée convie les invités à une table bien garnie. On peut supposer, bien qu’aucun écrit à ce sujet ne nous soit parvenu, que la fête se déplaça d’une demeure à l’autre, de chez Urbain Tessier à chez Olivier Charbonneau en passant par chez Pierre Goguet, car tous ces gens étaient voisins, amis et même parents.

Tourtières, pain de froment, galettes de maïs, pommes au sucre, bouillon et cervoise connurent un franc succès et surent certainement satisfaire les appétits. Après ces réjouissances, ce fut au tour de l’hiver et de l’Avent à se présenter avec leur cortège de froid et de sacrifices. Mais, heureusement, le souvenir du triple mariage perpétua sa chaleur dans la rigueur du mois à venir de même que dans la mémoire de vous tous de la région qui portez encore ces patronymes.

Ginette Charbonneau

 
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