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Chapelle Hôtel-Dieu (Immaculée-Conception) de Montréal

Pierre Dagenais fréquenta Anne Brandon, l'aima et la conduisit au pied de l'autel de la chapelle de l'Hôtel-Dieu à Montréal pour la bénédiction nuptiale, mardi le 17 novembre 1665.

Chapelle Ste-Marguerite (Salle de l'Oratoire) - La Rochelle, France

C'est à cette chapelle que mon ancêtre Pierre Dagenais dit Lépine a été baptisé. C'était le dimanche 17 septembre 1634, à St-Sauveur de La Rochelle (Charente-Maritime), France.

Maison de François Dagenais fils (1774)

En 1774, le cultivateur François Dagenais fils reçoit de ses parents, François Dagenais et Marguerite Turcot, la terre agricole familiale, une maison en bois et d’autres bâtiments. Elle est située au 5555, rue Jarry Est, St-Léonard, Montréal.

Anne Marguerite Brandon, une Fille du Roy (1634-1689)

Anne Marguerite Brandon, une jeune femme âgée de 31 ans et fille du Roy, est débarquée à Québec pour la première fois le 18 juin 1665 avec 30 engagés, 90 autres jeunes femmes et filles du Roy.

Mes ancêtres sont morts aux mains des Iroquois

C'est lors du raid mené par les Iroquois à Rivière-des-Prairies, le 9 août 1689 que Pierre Dagenais et Anne Brandon furent massacrés et torturés.

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jeudi 2 juillet 2015

Histoire d'une lignée de Dagenais - 3e partie


Pierre Dagenais fils vient au monde le 21 octobre 1672, le quatrième enfant (et le seul garçon à assurer la transmission du patronyme) de Pierre Dagenais et d'Anne Brandon. 

Le sulpicien Gilles Pérot lui confère illico le sacrement du baptême à la chapelle Notre-Dame, assisté dans cette noble tâche par le parrain Pierre Devanchy (maîre menuisier) et la marraine Mathurine Juillet, épouse d'Urbain Baudreau.

Chapelle Notre-Dame (Immaculée-Conception) de Montréal
Le 30 avril 1695, il officialise son union avec Marie Drouet dite Grandmaison, âgée d'à peine 14 ans, fille de Mathurin et Marie-Louise Bardou, mariés à Québec le 30 septembre 1669, et originaires de Tuzie, en Charente. 

La jeune épouse recevait le baptême le 21 avril 1681 dans le joli patelin de Contrecoeur, sur les bords du fleuve Saint-Laurent en présence du parrain Godefroy Bernard et de la marraine Marie Lebert, femme de Charles Robert.

Le curé L. Archambault, de la paroisse de l'Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles, accorde aux jeunes gens sa bénédiction nuptiale en présence de plusieurs témoins rassemblés pour la circonstance. Malheureusement, les jeunes époux ne signèrent pas, selon toute vraisemblance le contrat de mariage. 

Prolifiques comme beaucoup de nos ancêtres, ils donnèrent la vie à dix enfants, six garçons et quatre filles, baptisés sauf exceptions dans la paroisse Notre-Dame de Montréal. Certains lui attribuent erronément la paternité de Marie-Charlotte, baptisée le 19 ocrobre 1696, en fait la fille naturelle de sa soeur Cécile.

À l'âge de 16 ans, Pierre pleure la mort de son père dont il porte le prénom. Ce dernier se transmettait souvent au cours des générations, comme pour maintenir une continuité familiale, une tradition propre au Canada français. 

Dans la lignée directe des Dagenais, on trouve deux Pierre, deux Laurent et deux Augustin. Comme son père, Pierre Dagenais fils savait écrire. Il signait D'Agenez sur ses contrats notariés. Les cinq générations suivantes ne pourront en faire autant. 



D'après un contrat rédigé par le notaire Antoine Adhémar, le 16 février 1698, Pierre et ses soeurs (Cécile, Élisabeth et Françoise) finalisent la vente des biens de leurs parents Pierre Dagenais et Anne Brandon à Claude Crespin, époux de Marie Vaudry.



Voulant améliorer le confort de sa petite famille, Pierre Dagenais contracte deux obligations envers Pierre Perthuys, marchand de Ville-Marie, aujourd'hui Montréal. Le 18 mars 1698, alors habitant de l'île Jésus (probablement à Saint-François-de-Sales), il reconnaît une dette de 65 livres pour laquelle il hypothèque ses biens meubles et immeubles. 



Le 29 mars 1699, ce laboureur de la Pointe-aux-Trembles contracte une obligation portant solde de compte (c'est-à-dire des marchandises achetées à crédit) pour une somme de 148 livres.



Le 20 avril 1699, par un bail à ferme et loyer (contrat de location) consenti par Marie Dumeny, veuve de André Charly de Saint-Ange, en son vivant de Montréal, Pierre Dagenais loue une terre labourable proche de Ville-Marie, avec maison, étable et grange. 



Il paiera icelle veuve en produits de la ferme : 50 minots de blé froment et dix d'avoine, pour chacune des cinq années du contrat idoine, le jour de la Saint-Martin.



Homme très versatile, à l'instar de son père, Pierre Dagenais exerce plusieurs métiers : défricheur, cultivateur, capitaine de milice et engagé pour l'Ouest. Par une convention datée du 23 octobre 1701, il achète certaines provisions de Pierre Perthuys, marchand susrelaté. 



Comme les habitants de la Nouvelle-France manquaient souvent de numéraire (peu d'argent circulait dans la colonie), ledit marchand accepte, en guise de paiement, 20 minots de blé froment et 20 d'avoyne (sic).

Pierre Dagenais fils deviendra un des pionniers du territoire connu comme le Sault-au-Récollet. Le 15 septembre 1702, en l'étude du notaire Pierre Raimbault, Messire François Vachon de Belmont, supérieur du Séminaire Saint-Sulpice de Montréal, seigneur de l'île de Montréal depuis 1663, concède en effet à Pierre Dagenais une concession de la coste (côte) Saint-Michel (chemin est-ouest dans les parages de la rue Jarry).  

Mesurant 3 arpents sur 20, avec droit de commune (lieu où les habitants du voisinage pouvaient envoyer paître leurs troupeaux). La rente annuelle consiste en 30 minots de bled froment bon sec, net loyal et marchand.

Outre les obligations mentionnées plus loin, ledit censitaire s'engage à ne vendre ancunc boisson ennyvrante aux Sauvages (sic). Cette censive porte le numéro 1084D dans le Livre terrier de la seigneurie de l'île de Montréal, conservé aux archives du Séminaire Saint-Sulpice, dont l'édifice construit en 1685 se trouve aujourd'hui rue Notre-Dame, à côté de la basilique Notre-Dame.

À cette époque, les cultivateurs vivaient sous le régime seigneurial, un système de propriété à deux niveaux. Le seigneur s'oblige à peupler la seigneurie et à concéder un lopin de terre à qui le demande. Il profite de droits honorifiques (préséance de banc à l'église) mais surtout réels. 
Par le paiement du cens, le censitaire reconnaît au seigneur un certain droit de propriété éminente.  Il doit payer une rente annuelle (en argent ou en produits de la ferme) et les lods et ventes (taxe de mutation). La banalité de moulin oblige les censitaires à utiliser le moulin du seigneur pour moudre leur blé et à lui payer le quatorzième minot. 

Cédant aux pressions de la bourgeoisie commerçante anglaise et de la masse paysanne, le gouvernement abolira le régime seigneurial en 1854 pour le remplacer par la tenure en franc et commun socage, c'est-à-dire le droit de pleine propriété en vigueur de nos jours.

Le 7 octobre 1703, Pierre abandonne à François Hertel, écuyer (titre purement honorifique, comme esquire chez les Anglais) et seigneur de Chambly, absent mais représenté par le notaire royal Jean Cusson, une part de terre d'icelle seigneurie, probablement héritée de la famille de sa femme Marie Drouet. Mais déchiffrer l'écriture rébarbative du notaire Adhémar demande des notions de paléographie avancée !

L'année suivante, le 21 avril 1704, Étienne Campot, taillandier (forgeron fabriquant des outils tels haches et marteaux) et habitant (cultivateur) de Ville-Marie, concède à Pierre Dagenais, laboureur dudit lieu, un bail à ferme de terres situées au quartier Bonsecours, de nos jours près du port de Montréal.

Par une obligation portant la date du 21 octobre 1706, Pierre s'engage à livrer une certaine quantité de bois de chauffage à Jean-Baptiste Charly, marchand de Ville-Marie.

Le 4 avril 1713, François-Joseph Carpentras, maître menuisier de Montréal, loue pour une période de cinq ans une terre de la côte Saint-Michel, de 8 arpents de front sur 20 de profondeur, moyennant 10 minos de froment, payables chaque année. 

Le 1er octobre suivant, Pierre repart pour la région des Grands lacs, signant un contrat d'engagement envers Messieurs les Associés de la mer de l'Ouest, qui lui vaudra une rémunération de 200 livres, dès son retour de voyage.

Marguerite Maclin, veuve de Nicolas Boyer de Ville-Marie, assistée de son gendre Charles Gervais, demandera le 6 avril 1715 au notaire Michel Lepailleur de La Ferté, de rédiger les clauses d'un bail à loyer et ferme d'une terre située près de la petite rivière Saint-Pierre (disparue de nos jours). 

Pierre s'engage à cultiver icelle (cette) propriété, moyennant une partie des récoltes. Dans le minutier du notaire Marien Tailhandier dit La Baume, on découvre, à la date du 29 février 1720, une quittance de Catherine Roy (fille de Françoise Dagenais) à son oncle et tuteur Pierre Dagenais. Marie Drouet lui remet au nom de son mari des étoffe et de la toile blanche valant 36 livres.

Le 3 novembe 1720, Edmé Moreau, baille (loue) à Pierre Dagenais une concession de 3 arpents sur 20, à la Côte Saint-Michel. Il accepte en guise de paiement 10 minots de blé froment et 5 minos de pois. 

Le Séminaire Saint-Sulpice, toujours représenté par son supérieur, François Vachon de Belmont, concède, le 15 janvier 1721 devant le notaire Raimbault, un reste de terre situé à la côte de Plaisance (ou Grande Prairie), voisine de la côte Saint-Michel, en imposant les conditions habituelles : droit de mouture du grain, tenir feu et lieu (habiter l'endroit), entretenir sa part de chemin, payer un demy (sic) minot de froment pour tous les 20 arpents de superficie, réserver au seigneur le bois de charpente, défricher trois arpents par année sous peine de déchéance de la concession, etc.

En 1729, Pierre Dagenais reçoit le titre de capitaine de milice (une sorte d'armée de réserve) qui, à l'époque, ne se limite pas à das tâches plutôt honorifiques, comme au XIXe siècle.

Marie Drouet pousse son dernier soupir le 28 janvier 1736, à l'âge de 55 ans (et non 67 ans, tel qu'indiqué dans le registre du Sault-au-Récollet). Le curé Desenclaves l'inhume dès le lendemain au cimetière paroissial (certains disent dans le sous-sol de l'église), en présence de son mari, Pierre Dagenais, et de Jean Turcot qui, aux dires du célébrant, déclarent ne scavoir (sic) signer.

Pierre survivra treize ans au décès de son épouse. Le 19 décembre 1749, Monsieur Chambon, curé de sa paroisse d'adoption, préside les funérailles du défunt, âgé de 80 ans (en réalité, 77), ancien capitaine de milice, en présence de plusieurs témoins.

mercredi 1 juillet 2015

4e génération - Enfants de Laurent et Élisabeth Brignon

Voici les descendants de Laurent Dagenais et d'Élisabeth Brignon


4e génération (1713-1785)

1. Laurent
Né le 27 août 1737 (parrain : Pierre Dagenais ; marraine : Anne-Charles Prévost), il meurt le 17 septembre suivant.

2. Anne-Charles
Venue au monde le 11 novembre 1738 (parrain : François Dagenais ; marraine : Marie-Josèphe-Brignon), elle donnera plusieurs enfants à Jean-Louis Turcot, fils de Louis et Marie-Angélique Pigeon, épousé le 27 novembre 1758.

3. Laurent
Reprenant le prénom de son frère décédé, il épouse Josèphe Lefebvre. 

4. Marie-Elisabeth
Voyant le jour le 17 décembre 1740 (parrain : Jacques David ; marraine : Catherine Brignon), elle partage la vie d'Amable Sicard, veuf de Marguerite Simon (2 août 1762). Elle meurt le 2 avil 1770.

5. Louis-Gabriel
Porté sur les fonds baptismaux le 14 février 1742 par son parrain Ignace Crevier et sa marraine Marie-Anne Dagenais, il choisit pour épouse Marguerite Pigeon, fille de Jean-Baptiste et Marguerite Turcot (22 août 1768).

6. Jean-Baptiste
Né le ler mai 1743 (parrain : Jean-Baptiste Pigeon ; marraine : Charlotte Brignon), il jette son dévolu sur Marie-Françoise Pigeon, soeur de la femme de Louis-Gabriel (24 avril 1769).

7. François
Fait enfant de Dieu le 23 août 1744 (parrain : François Dagenais ; marraine : Marie-Louise Pigeon), il conduit au pied de l'autel Charlotte Dubuc, fille de François et Archange Patenaude (Longueuil, 14 octobre 1771). Il rend son dernier soupir dans sa paroisse natale le 19 octobre 1776.

8. Marie-Louise
Baptisée le 23 octobre 1745 (parrain : Jean-Étienne Crevier; marraine : Mariel-Louise Turcot), elle s'éteint le 8 septembte 1746.

9. Marie-Rosalie
Née à Saint-Vincent-de-Paul le 6 décembrc 1746 (parrain : Antoine Sanscartier ; marraine : Catherine Brignon), elle ne vécut que 12 jours.

10. Marie-Marguerite
Jumelle de la précédente (parrain : Charles Pigeon ; marraine : Marguerite Turcot), elle disparaît ensuite dans la brume.

11. Marie-Louise
Baptisée le 17 janvier 1748 (parrain : Louis Crevier; marraine : Marie Lareau), elle devient la conjointe de Pierre Lambert avec qui elle passe un contrat de mariage le 27 mai 1775 devant le notaire Foucher. Elle meurt le 28 juin 1827 au Sault-au-Récollet.

12. Joseph-Marie
Il voit le jour le 16 mars 1749 (parrain : Joseph Lapierre ; marraine : Elisabeth Dagenais). Il choisira pour mère de ses enfants Amable Valade, fille de Joseph et Marie-Anne Chauret (2 mars 1772). Il quitte ce monde le 28 juin 1827 dans la paroisse de la Visitation.

13. Marie-Archange
Baptisée le 6 octobre 1750 (parrain : Jacques Brignon ; marraine : Marie-Françoise Chartrand) et inhumée le 10 novembre suivant.

14. Marie-Geneviève
Baptisée le 24 octobre 1751 (parrain : Joseph Brignon ; marraine : Anne-Charles Dagenais) et enterrée le 6 novembre de la même année.

3e génération - Laurent et Élisabeth Brignon

Voici les descendants de Pierre Dagenais et de Marie Drouet


La 3e génération

Né à Pointe-aux-Trembles le 1er juillet 1695 (parrain : Michel Lauzon ; marraine : Anne Bazinet), à peine deux mois après le mariage de ses parents. Il fondera une famille avec Anne Lemay dite Delorme (environ 18 ans), fille de Joseph et Agnès-Madeleine Gaudry, le 3 janvier 1718, en la paroisse Notre-Dame de Montréal. Devenu veuf, il se consolera dans les bras de Catherine Brunet dite Belhumeur, fille de François et Anne Thibault, âgée de 27 ans (Sault-au-Récollet, 12 septembre 1757).

2. Marie-Madeleine
Portée sur les fonds baptismaux de la Pointe-aux-Trembles par son parrain Pierre Coitou et sa marraine Marie-Madeleine Archambault, le 1er juin 1698, elle contracte deux unions matrimoniales : la première avec Jacques David, fils de Jacques et Catherine Lussier (Montréal, 22 juin 1716),la seconde avec Pierre Martineau, fils de Jacques et Antoinette Dumontier, devenu veuf de Marguerite Hot (11 mai 1733). Inhumée le 2 mai 1176.

3. Louise
Venue au monde le 10 juillet 1699 (parrain : Séraphin Lauzon ; marraine : Louise Lauzon), elle rend l'âme le 24 août suivant.

4. Marie-Elisabeth
Voyant le jour le 11 février 1701 (parrain : Pierre Andegrave dit Champagne ; marraine : Elisabeth Chevalier), elle meurt le 15 novembre de la même année.

5. Pierre
Baptisé le 25 novembre 1702 (parrain : Pierre Richard ; marraine : Marie Handgrave), il choisit pour épouse Marie-Josèphe David, frère du premier mari de sa soeur Marie-Madeleine Boucherville, 4 mai 1722). Il s'éteint le 5 octobre 1759, au Sault-au-Récollet.

6. Marie-Josephe
Ointe le 11 septembre 1704 (parrain : Joseph Sénécal ; marraine : Marie-Anne Fauchet), elle se laisse conduire au pied de l'autel par Jacques Forestier dit Lafortune, fils d'Étienne et de Marguerite Lauzon (Saint-Laurent, 21 février 1735). Elle rend son dernier soupir le 14 mai 1736.

7. François
Né le 6 septembre 1706 (parrain : Louis Grignon ; marraine : Madeleine Lemay) et inhumé le 15 novembre suivant.

8. Jean-Baptiste
Porté sur les fonds baptismaux par son parrain Joseph-Michel Dagenais (son frère) et sa marraine Marie Gervaise, le 25 novembre 1707, il fonde un foyer avec Marie-Louise Preaux (ou Proulx), fille de Jean-Baptiste et Marie Fleury (31 mai 1734, à Saint-Laurent).

Fait enfant de Dieu le 16 novembre 1710 (parrain : Joseph Lemay ; marraine : Marie Lesieur), il jette son dévolu sur Marie-Charlotte Vanier, fille de Jean et Charlotte Chamard (Sault-au-Récollet 16 novembre 1739). * Mon ascendance (voir mon arbre sur MesAïeux - abonnement gratuit) débute avec lui.

10. Laurent
Né en 1713, le futur époux de Élisabeth Brignon dite Lapierre, continuera la lignée familiale, comme indiqué sur cette page


2e génération - Pierre et Marie Drouet

Voici les descendants de Pierre Dagenais dit Lépine et Anne Brandon


Généalogie descendante : la 2e génération
Pierre Dagenais et Marie Drouet

1. Michel
L'aîné de la famille reçoit le sacrement du baptême le 29 septembre 1666 à Montréal (parrain : Isaac ... ; marraine : Barbe Barbier). Inhumé à la Rivière-des-Prairies le 17 octobre 1697.

Née le 3 mars 1668 à Montréal (panain : Gabriel Barbier, maître charpentier; marraine : Françoise Janot dite Lachapelle), elle devient à l'île Jésus, vers 1688, l'épouse de Pierre Roy, originaire de l'évêché de Poitiers, né vers 1661 de parents inconnus. Pris par les Iroquois, ce dernier meurt à la fin de juillet 1692. Devenue veuve, Françoise engendre une fille naturelle avec Léonard Lalande, puis se remarie à Montréal le 22 avril 1699 avec Pierre Chonard dit La Giroflée, fils de Nicolas et Anne Berruère né à Tours vers 1663, lequel épousera subséquemment Madeleine Faye à Pointe-aux-Trembles en 1708.

Voyant le jour le 12 avril 1670 (parrain : Jean Desbroyeux ; marraine : Cécile Janot), elle met au monde Marie-Charlotte, née en 1696 de père inconnu. Le, 19 juin 1698 à Montréal, elle épouse officiellement Claude Dumay dit Lafeuillade, fils de Jean et Andrée Guyonne, né vers 1664 à Fresnes, évêché de Chartres. Claude meurt à la Rivière-des-Prairies le 12 décembre 1719 ; Cécile le 13 octobre 1745 à la Pointe-aux-Trembles.

4. Pierre*
La vie du seul garçon à transmettre le patronyme Dagenais se trouve relatée sur cette page.

5. Elisabeth
Venue au monde le 26 mai 1675. Raphaël Descent lui fait un enfant naturel en 1695. Elle se laisse conduire au pied de l'autel de Repentigny le 15 novembre 1698, par Jean Auger dit Lafleur, fils de Jean et Marie Giran, originaires de Libourne en Guyenne. Nous ignorons la date de son décès.

6. Cunégonde
Baptisée le 28 août 1679 à la Pointe-aux-Trembles (parrain : Jean Barousset ; marraine : Cunégonde Masta), elle meurt le 3 septembre suivant.

lundi 29 juin 2015

Histoire d'une lignée de Dagenais - 3e partie


Pierre Dagenais fils vient au monde le 21 octobre 1672, le quatrième enfant (et le seul garçon à assurer la transmission du patronyme) de Pierre Dagenais et d'Anne Brandon. 

Le sulpicien Gilles Pérot lui confère illico le sacrement du baptême à la chapelle Notre-Dame, assisté dans cette noble tâche par le parrain Pierre Devanchy (maîre menuisier) et la marraine Mathurine Juillet, épouse d'Urbain Baudreau.

Chapelle Notre-Dame (Immaculée-Conception) de Montréal
Le 30 avril 1695, il officialise son union avec Marie Drouet dite Grandmaison, âgée d'à peine 14 ans, fille de Mathurin et Marie-Louise Bardou, mariés à Québec le 30 septembre 1669, et originaires de Tuzie, en Charente. 

La jeune épouse recevait le baptême le 21 avril 1681 dans le joli patelin de Contrecoeur, sur les bords du fleuve Saint-Laurent en présence du parrain Godefroy Bernard et de la marraine Marie Lebert, femme de Charles Robert.

Le curé L. Archambault, de la paroisse de l'Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Trembles, accorde aux jeunes gens sa bénédiction nuptiale en présence de plusieurs témoins rassemblés pour la circonstance. Malheureusement, les jeunes époux ne signèrent pas, selon toute vraisemblance le contrat de mariage. 

Prolifiques comme beaucoup de nos ancêtres, ils donnèrent la vie à dix enfants, six garçons et quatre filles, baptisés sauf exceptions dans la paroisse Notre-Dame de Montréal. Certains lui attribuent erronément la paternité de Marie-Charlotte, baptisée le 19 ocrobre 1696, en fait la fille naturelle de sa soeur Cécile.
1. Joseph-Michel : Né à Pointe-aux-Trembles le 1er juillet 1695 (parrain : Michel Lauzon ; marraine : Anne Bazinet), à peine deux mois après le mariage de ses parents. Il fondera une famille avec Anne Lemay dite Delorme (environ 18 ans), fille de Joseph et Agnès-Madeleine Gaudry, le 3 janvier 1718, en la paroisse Notre-Dame de Montréal. Devenu veuf, il se consolera dans les bras de Catherine Brunet dite Belhumeur, fille de François et Anne Thibault, âgée de 27 ans (Sault-au-Récollet, 12 septembre 1757).
2. Marie-Madeleine Portée sur les fonds baptismaux de la Pointe-aux-Trembles par son parrain Pierre Coitou et sa marraine Marie-Madeleine Archambault, le ler juin 1698, elle contracte deux unions matrimoniales : la première avec Jacques David, fils de Jacques et Catherine Lussier (Montréal, 22 juin 1716),la seconde avec Pierre Martineau, fils de Jacques et Antoinette Dumontier, devenu veuf de Marguerite Hot (11 mai 1733). Inhumée le 2 mai 1176.
3. Louise : Venue au monde le 10 juillet 1699 (parrain : Séraphin Lauzon ; marraine : Louise Lauzon), elle rend l'âme le 24 août suivant.
4. Marie-Elisabeth Voyant le jourle 11 février 1701 (parrain : Pierre Andegrave dit Champagne ; marraine : Elisabeth Chevalier), elle meurt le 15 novembre de la même année.
5. PierreBaptisé le 25 novembre 1702 (parrain : Pierre Richard ; marraine : Marie Handgrave), il choisit pour épouse Marie-Josèphe David, frère du premier mari de sa soeur Marie-Madeleine Boucherville, 4 mai 1722). Il s'éteint le 5 octobre 1759, au Sault-au-Récollet.
6. Marie-Josephe Ointe le 11 septembre 1704 (parrain : Joseph Sénécal ; marraine : Marie-Anne Fauchet), elle se laisse conduire au pied de l'autel par Jacques Forestier dit Lafortune, fils d'Étienne et de Marguerite Lauzon (Saint-Laurent, 21 février 1735). Elle rend son dernier soupir le 14 mai 1736.
7. François : Né le 6 septembre 1706 (parrain : Louis Grignon ; marraine : Madeleine Lemay) et inhumé le 15 novembre suivant.
8. Jean-Baptiste : Porté sur les fonds baptismaux par son parrain Joseph-Michel Dagenais (son frère) et sa marraine Marie Gervaise, le 25 novembre 1707, il fonde un foyer avec Marie-Louise Preaux (ou Proulx), fille de Jean-Baptiste et Marie Fleury (31 mai 1734, à Saint-Laurent).
9. François-Marie* : Fait enfant de Dieu le 16 novembre 1710 (parrain : Joseph Lemay ; marraine : Marie Lesieur), il jette son dévolu sur Marie-Charlotte Vanier, fille de Jean et Charlotte Chamard (Sault-au-Récollet 16 novembre 1739). * Mon ascendance débute avec lui.
10. Laurent Né en 1713, le furur époux de Élisabeth Brignon dite Lapierre continuera la lignée familiale, comme indiqué plus loin. 

À l'âge de 16 ans, Pierre pleure la mort de son père dont il porte le prénom. Ce dernier se transmettait souvent au cours des générations, comme pour maintenir une continuité familiale, une tradition propre au Canada français. 

Dans la lignée directe des Dagenais, on trouve deux Pierre, deux Laurent et deux Augustin. Comme son père, Pierre Dagenais fils savait écrire. Il signait D'Agenez sur ses contrats notariés. Les cinq générations suivantes ne pourront en faire autant. 



D'après un contrat rédigé par le notaire Antoine Adhémar, le 16 février 1698, Pierre et ses soeurs (Cécile, Élisabeth et Françoise) finalisent la vente des biens de leurs parents Pierre Dagenais et Anne Brandon à Claude Crespin, époux de Marie Vaudry.



Voulant améliorer le confort de sa petite famille, Pierre Dagenais contracte deux obligations envers Pierre Perthuys, marchand de Ville-Marie, aujourd'hui Montréal. Le 18 mars 1698, alors habitant de l'île Jésus (probablement à Saint-François-de-Sales), il reconnaît une dette de 65 livres pour laquelle il hypothèque ses biens meubles et immeubles. 



Le 29 mars 1699, ce laboureur de la Pointe-aux-Trembles contracte une obligation portant solde de compte (c'est-à-dire des marchandises achetées à crédit) pour une somme de 148 livres.



Le 20 avril 1699, par un bail à ferme et loyer (contrat de location) consenti par Marie Dumeny, veuve de André Charly de Saint-Ange, en son vivant de Montréal, Pierre Dagenais loue une terre labourable proche de Ville-Marie, avec maison, étable et grange. 



Il paiera icelle veuve en produits de la ferme : 50 minots de blé froment et dix d'avoine, pour chacune des cinq années du contrat idoine, le jour de la Saint-Martin.


Homme très versatile, à l'instar de son père, Pierre Dagenais exerce plusieurs métiers : défricheur, cultivateur, capitaine de milice et engagé pour l'Ouest. Par une convention datée du 23 octobre 1701, il achète certaines provisions de Pierre Perthuys, marchand susrelaté. 

Comme les habitants de la Nouvelle-France manquaient souvent de numéraire (peu d'argent circulait dans la colonie), ledit marchand accepte, en guise de paiement, 20 minots de blé froment et 20 d'avoyne (sic).

Pierre Dagenais fils deviendra un des pionniers du territoire connu comme le Sault-au-Récollet. Le 15 septembre 1702, en l'étude du notaire Pierre Raimbault, Messire François Vachon de Belmont, supérieur du Séminaire Saint-Sulpice de Montréal, seigneur de l'île de Montréal depuis 1663, concède en effet à Pierre Dagenais une concession de la coste (côte) Saint-Michel (chemin est-ouest dans les parages de la rue Jarry).  

Mesurant 3 arpents sur 20, avec droit de commune (lieu où les habitants du voisinage pouvaient envoyer paître leurs troupeaux). La rente annuelle consiste en 30 minots de bled froment bon sec, net loyal et marchand.

Outre les obligations mentionnées plus loin, ledit censitaire s'engage à ne vendre ancunc boisson ennyvrante aux Sauvages (sic). Cette censive porte le numéro 1084D dans le Livre terrier de la seigneurie de l'île de Montréal, conservé aux archives du Séminaire Saint-Sulpice, dont l'édifice construit en 1685 se trouve aujourd'hui rue Notre-Dame, à côté de la basilique Notre-Dame.

À cette époque, les cultivateurs vivaient sous le régime seigneurial, un système de propriété à deux niveaux. Le seigneur s'oblige à peupler la seigneurie et à concéder un lopin de terre à qui le demande. Il profite de droits honorifiques (préséance de banc à l'église) mais surtout réels. 
Par le paiement du cens, le censitaire reconnaît au seigneur un certain droit de propriété éminente.  Il doit payer une rente annuelle (en argent ou en produits de la ferme) et les lods et ventes (taxe de mutation). La banalité de moulin oblige les censitaires à utiliser le moulin du seigneur pour moudre leur blé et à lui payer le quatorzième minot. 

Cédant aux pressions de la bourgeoisie commerçante anglaise et de la masse paysanne, le gouvernement abolira le régime seigneurial en 1854 pour le remplacer par la tenure en franc et commun socage, c'est-à-dire le droit de pleine propriété en vigueur de nos jours.

Le 7 octobre 1703, Pierre abandonne à François Hertel, écuyer (titre purement honorifique, comme esquire chez les Anglais) et seigneur de Chambly, absent mais représenté par le notaire royal Jean Cusson, une part de terre d'icelle seigneurie, probablement héritée de la famille de sa femme Marie Drouet. Mais déchiffrer l'écriture rébarbative du notaire Adhémar demande des notions de paléographie avancée !

L'année suivante, le 21 avril 1704, Étienne Campot, taillandier (forgeron fabriquant des outils tels haches et marteaux) et habitant (cultivateur) de Ville-Marie, concède à Pierre Dagenais, laboureur dudit lieu, un bail à ferme de terres situées au quartier Bonsecours, de nos jours près du port de Montréal.

Par une obligation portant la date du 21 octobre 1706, Pierre s'engage à livrer une certaine quantité de bois de chauffage à Jean-Baptiste Charly, marchand de Ville-Marie.

Le 4 avril 1713, François-Joseph Carpentras, maître menuisier de Montréal, loue pour une période de cinq ans une terre de la côte Saint-Michel, de 8 arpents de front sur 20 de profondeur, moyennant 10 minos de froment, payables chaque année. 

Le 1er octobre suivant, Pierre repart pour la région des Grands lacs, signant un contrat d'engagement envers Messieurs les Associés de la mer de l'Ouest, qui lui vaudra une rémunération de 200 livres, dès son retour de voyage.

Marguerite Maclin, veuve de Nicolas Boyer de Ville-Marie, assistée de son gendre Charles Gervais, demandera le 6 avril 1715 au notaire Michel Lepailleur de La Ferté, de rédiger les clauses d'un bail à loyer et ferme d'une terre située près de la petite rivière Saint-Pierre (disparue de nos jours). 

Pierre s'engage à cultiver icelle (cette) propriété, moyennant une partie des récoltes. Dans le minutier du notaire Marien Tailhandier dit La Baume, on découvre, à la date du 29 février 1720, une quittance de Catherine Roy (fille de Françoise Dagenais) à son oncle et tuteur Pierre Dagenais. Marie Drouet lui remet au nom de son mari des étoffe et de la toile blanche valant 36 livres.

Le 3 novembe 1720, Edmé Moreau, baille (loue) à Pierre Dagenais une concession de 3 arpents sur 20, à la Côte Saint-Michel. Il accepte en guise de paiement 10 minots de blé froment et 5 minos de pois. 

Le Séminaire Saint-Sulpice, toujours représenté par son supérieur, François Vachon de Belmont, concède, le 15 janvier 1721 devant le notaire Raimbault, un reste de terre situé à la côte de Plaisance (ou Grande Prairie), voisine de la côte Saint-Michel, en imposant les conditions habituelles : droit de mouture du grain, tenir feu et lieu (habiter l'endroit), entretenir sa part de chemin, payer un demy (sic) minot de froment pour tous les 20 arpents de superficie, réserver au seigneur le bois de charpente, défricher trois arpents par année sous peine de déchéance de la concession, etc.

En 1729, Pierre Dagenais reçoit le titre de capitaine de milice (une sorte d'armée de réserve) qui, à l'époque, ne se limite pas à das tâches plutôt honorifiques, comme au XIXe siècle.

Marie Drouet pousse son dernier soupir le 28 janvier 1736, à l'âge de 55 ans (et non 67 ans, tel qu'indiqué dans le registre du Sault-au-Récollet). Le curé Desenclaves l'inhume dès le lendemain au cimetière paroissial (certains disent dans le sous-sol de l'église), en présence de son mari, Pierre Dagenais, et de Jean Turcot qui, aux dires du célébrant, déclarent ne scavoir (sic) signer.

Pierre survivra treize ans au décès de son épouse. Le 19 décembre 1749, Monsieur Chambon, curé de sa paroisse d'adoption, préside les funérailles du défunt, âgé de 80 ans (en réalité, 77), ancien capitaine de milice, en présence de plusieurs témoins.

Histoire d'une lignée de Dagenais - 2e partie


Le 27 juillet 1666, les Sulpiciens, seigneurs de l'île de Montréal, accordent la concession (sans doute verbale, car on ne trouve pas l'acte notarié idoine) d'une terre à la côte Saint-François, mesurant 2 arpents sur le bord du fleuve Saint-Laurent, par 15 de profondeur, entre Antoine Cognon et Olivier Charbonneau. 

Certains situent erronément cette concession sur l'île Jésus, à l'endroit où se trouve aujourd'hui le Centre de détention Archambault. Le nom de Pierre Dagenais figure dans deux grands recensements de la Nouvelle-France.

En 1667, âgé de 33 ans, il habite avec sa femme Anne Brandon (née le 28 août 1634) et leur fils Michel (15 mois). II possède deux arpents mis en valeur, à côté des parcelles de Michel Moreau et Claude Desjardins. 

Pierre prend plusieurs années à trouver sa voie, entre les métiers de défricheur, cultivateur, vigneron et tailleur d'habits.

Le notaire Bénigne Basset dit Deslauriers rédigera les quatre actes sousmentionnés. Le 4 septembre 1667, Pierre Dagenais & uxor (et sa femme) vendent leur maison à Charles Testard dit Folleville, habitant de Montréal et beau-frère de Marie Pournin, pour le prix de 90 livres tournois, dont neuf iront au chirurgien Jean Gaillard (arrivé à Québec en 1662).

Gérard Lebel soulève l'hypothèse d'une dette contractée à la suite de soins médicaux prodigués au petit Michel (il décèdera à la mi-novembre 1667). Le contat porte la jolie signature d'Anne Brandon, digne d'une institutrice diplômée. 

Le jeune couple quitte le côteau Saint-Louis pour s'installer sur la concession accordée en juillet 1666. Il la conserve jusqu'au 5 novembre 1670. Antoine Dufresne, époux de Jeanne Fauconnier, devient l'acquéreur de cette propriété, sur laquelle se trouve une cabane à grains de pieux en terre pour la somme de 160 livres tournois. 

Pierre reçoit dès lors 6 minots de blé froment valant 30 livres, dont quittance, le reste payable en trois paiements de 43 livres, 6 sols et 8 deniers, en blé ou en argent.

Il s'installe alors sur sa nouvelle terre de 30 arpents carés, au lieu-dit de Saint-François, achetée le 3 juillet de la même année de Pierre Lorrain dit Lachapelle, maître charpentier, époux de Françoise du Verdier-Saulnier. 

Pierre paye 2 livres sur-le-champ mais le vendeur se réserve l'usufruit de la terre, soit la récolte de grains. Jean Gervaise et François Bailly servent de témoins.

Trois ans plus tard, Ie 17 septembre 1673, Pierre revend cette ferme à Claude Raimbault, maître menuisier de Montréal, époux de Madeleine Thérèse Sallé, pour 100 livres en marchandises de France et 50 minots de blé. Le vendeur se réserve le logement jusqu'au 24 juin 1674.

Pour les trois années qui suivent, les généalogistes chercheront vainement la trace de Pierre Dagenais. Le baptême d'Élisabeth à pointe-aux-Trembles (1676), celui de Cunégonde à la Rivière-des-prairies et la sépulture d'icelle à pointe-aux-Trembles (1679) nous laissent croire à la présence de la famille quelque part sur le territoire de ces paroisses, ou celui voisin du Sault-au-Récollet.

Au recensement de l'hiver 1681, la famille de Pierre Dagenais (50 ans) et d'Anne Brandon (50 ans), comprend Michel,(16 ans), Françoise (14), Cécile (12), Pierre (8) et Élisabeth (6), après le décès de Marguerite et de Cunégonde. 

Jadis marchand, fermier et viticulteur, Pierre déclare comme profession tailleur d'habits. Il possède toutefois trois bêtes à cornes et neuf arpents en culture sur l'île de Montréal, dans le voisinage de Rollin Billaud et d'Antoine Beaudry.


Elaborons un peu sur la profession de tailleur. Pierre Dagenais en apprit sans doute les rudiments en France. Dans la mère-patrie comme dans sa colonie, les artisans acquéraient leurs compétences professionnelles en effectuant une période d'apprentissage auprès d'un compagnon ou d'un maître. 

Nous en voyons un exemple par un contrat d'engagement passé devant le notaire Romain Becquet le 2 janvier 1673.

Anicet Bouyer s'engage pour deux ans auprès de Antoine de Lafonds, maître tailleur d'habits pour les Jésuites, au Collège de Québec. Il fera le profit du patron, le servira fidèlement, lui obéira en tout ce qu'il lui commandera de licite et d'honnête, portera à sa connaissance tout fait susceptible d'intéresser ses affaires et l'avertira de tout dommage s'il en vient à sa connaissance. 

Son patron lui montrera tous les secrets du métier et le traitera humainement (logé, nourri et blanchi). Au bout des deux ans convenus, il lui versera des honoraires de 150 livres. 

Devant les difficultés de faire venir d'Europe tissus, toiles et draps, les habitants de la Nouvelle-France conservaient précieusement leurs vêtements, souvent mentionnés dans les inventaires après décès.



Ils confiaient la fabrication des vêtements aux tailleurs d'habits. Selon les observations relevées par le célèbre ethnologue Robert-Lionel Séguin, l'étoffe du pays s'avère peu courante. 

Les vêtements de facture française constituent un luxe peu répandu. Y consacrant parfois plus d'argent qu'à son cheptel, l'homme dispose d'une garde-robe mieux garnie que celle de sa femme. 



L'apport amérindien se limite pratiquement à la chaussure. La tenue vestimentaire s'inspire des modes françaises.

Pierre Dagenais ne possedait pas de boutique avec pignon sur rue ; il devait, à l'instar des métiers ambulants décrits dans le livre de Jeanne Pomerleau, se promener de porte en porte. 

Les tailleurs montraient les tissus, prenaient les mesures, revenaient porter les vêtements cousus et apporter les retouches idoines (convenir exactement).

Lee tristement célèbre massacre de Lachine se déroule dans la nuit du 4 au 5 août 1689. Une inscription sur le monument aux victimes de cette hécatombe, érigé à Lachine, nous apprend que quatre jours après l'événement, les Iroquois, assoiffés de vengeance et enflammés par leurs succès, répandirent la terreur dans toute l'île de Montréal et jusqu'à Lachenaie.


Le 9 août, ils massacrent Pierre Dagenais dit Lépine (et probablement son épouse Anne Brandon, mais nous y reviendrons). Monsieur Brissac, sulpicien et curé de Saint-Charles de Lachenaie inhume la dépouille mortelle de Pierre Dagenais sur les lieux même du trépas par crainte du retour des Iroquois.

Dès son retour au presbytère, il écrit l'acte de sépulture sur un bout de papier. Selon Gérard Lebel, nous devons aux recherches patientes d'Édouard-Zotique Massicotte, archiviste au Palais de justice de Montréal vers 1900, l'explication de cette tragédie longtemps demeurée confise. 

Dans un article publié en 1914 par le Bulletin des recherches historiques, il relate la découverte d'un bout de papier inséré dans le registre de l'île Jésus, Repentigny et autres paroisses (1697-1698), conservé aux archives judiciaires de Joliette. 

Toujours selon Lebel, cet écrit authentique confirme la date exacte de la mort de Pierre Dagenais. Dans une note en marge d'une sépulture faite le 8 août 1729 dans le registre de la Rivière-des-Prairies, le sulpicien Simon Saladin écrit : 
Le 8 août 1729, enterré dans le cimetière de ladite église les ossements de Pierre Dagenais, mort depuis 41 ans, et inhumé sur la Pointe à Desroches, en présence de Paul Brunet soussigné avec moi
Icelle (cette) pointe se trouve près d'un ruisseau qui se jette dans la rivière des Prairies. Le document demeure muet sur le sort réservé à Anne Brandon, probablement brûlée vive ou emmenée prisonnière par les Iroquois. 

Chose certaine, elle disparaît en même temps que son mari. Qu'arriva-t-il aux enfants, tous épargnés ? Furent-ils hébergés par leur soeur Françoise et son époux Pierre Roy ? Ce n'est pas impossible mais nous ne le saurons jamais.

Plusieurs années après, Françoise, Pierre, Élisabeth et Cécile Dagenais, réunis en conseil de famille avec leurs conjoints respectifs, décident de vendre à Marie Vaudry, veuve de Claude Crespin, en son vivant domestique au Séminaire, une concession située à la Rivière-des-Prairies, de 3 arpents de front sur 20 de profondeur, bornée par celles de Jean Milhet, Paul Lauzon et autres, concédée par les Sulpiciens le 25 novembre 1673. 

La famille accepte la somme de 400 livres, dont une partie payée comptant. Le notaire Antoine Adhémar rédige l'acte idoine d'une savante (et quasi indéchiffrable) écriture, le 16 février 1698.

 
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